Le député non-inscrit Tahirou Sarr a déposé sur la table du président de l’Assemblée nationale une proposition de loi destinée à renforcer la protection du foncier national et à consacrer le principe de souveraineté foncière au Sénégal.
Dans l’exposé des motifs, l’élu met en avant les enjeux démographiques et territoriaux auxquels le pays est confronté. Avec une superficie estimée à près de 197 000 km² pour une population avoisinant les 18 millions d’habitants, appelée à doubler tous les trente ans, la pression sur les terres disponibles devient de plus en plus forte. Selon lui, cette situation impose d’anticiper afin de garantir, à long terme, l’accès à la terre pour l’habitat, l’agriculture et les activités économiques des générations présentes et futures.
Le parlementaire attire également l’attention sur l’ampleur des superficies détenues ou exploitées par des sociétés et investisseurs étrangers dans plusieurs régions du pays. Il cite notamment de vastes concessions agricoles attribuées à des groupes internationaux dans la vallée du fleuve Sénégal, le delta du Saloum, la Casamance ou encore à Tambacounda, ainsi que la présence d’entreprises étrangères exploitant d’importantes surfaces dans les zones de Kolda et de Podor.
D’après les informations rapportées par le quotidien Les Échos, la proposition de loi vise à instaurer un dispositif juridique destiné à encadrer plus strictement l’accès à la propriété foncière et à lutter contre les phénomènes d’appropriation ou de spéculation. La principale mesure envisagée consisterait à réserver la propriété foncière aux seuls citoyens sénégalais, tout en réaménageant le statut des titres actuellement détenus par des non-nationaux, qui pourraient être convertis en droits d’occupation limités et révocables, conformément à la législation en vigueur.
Le texte évoque par ailleurs la situation observée dans certaines zones de la périphérie dakaroise, notamment à Tivaouane Peulh et Ndiakhirate, où de vastes parcelles auraient été acquises par des communautés étrangères pour y développer des ensembles résidentiels fermés. Une évolution que le député juge préoccupante, estimant qu’elle contribue à restreindre l’accès des nationaux à des espaces stratégiques situés à proximité de la capitale.
À travers cette initiative, Tahirou Sarr appelle à une réaffirmation claire du principe selon lequel la terre constitue un patrimoine collectif relevant de l’intérêt général et devant, à ce titre, faire l’objet d’une protection renforcée par la loi.
