L’atmosphère est particulièrement lourde et tendue à l’hôpital Roi Baudouin de Guédiawaye, secoué par la révélation d’un vaste scandale financier qui suscite émoi et incompréhension au sein du personnel comme des usagers.
Selon les informations rapportées par *L’Observateur*, un déficit estimé à 35 millions de francs CFA a été découvert dans les caisses de l’établissement. Cette situation a conduit à l’interpellation de la caissière principale, identifiée sous les initiales M. Seye, ainsi que d’une prestataire du service comptabilité, M. Fall, toutes deux soupçonnées d’être au cœur de ce système de détournement présumé.
L’affaire a éclaté à la suite de la prise de fonction d’une nouvelle Agente de Caisse Principale (ACP), Mme Sy, dont l’arrivée a visiblement marqué un tournant. Peu après son installation, un audit financier approfondi a été diligenté, mobilisant des inspecteurs issus des ministères des Finances et de la Santé. Les conclusions de cette mission de contrôle, rendues à la veille de la fête de la Korité, ont révélé un écart significatif de 35 millions de francs CFA, mettant ainsi en lumière de graves irrégularités dans la gestion des recettes de l’hôpital.
Les investigations menées dans la foulée ont permis de mettre au jour un mécanisme de fraude bien rodé, communément appelé « saut de jour ». D’après les premiers éléments de l’enquête, certaines recettes quotidiennes issues des consultations, des analyses médicales et des soins prodigués aux patients n’étaient tout simplement pas reversées dans les comptes bancaires de l’établissement. La caissière principale, avec la complicité présumée de la prestataire chargée d’effectuer les dépôts, aurait ainsi retenu une partie des fonds, accumulant progressivement des montants importants non déclarés. Ce procédé aurait généré, au fil du temps, un manque à gagner considérable pour l’hôpital.
Face à la gravité des faits, le directeur de l’établissement a saisi la Brigade de recherches de Keur Massar en déposant une plainte formelle. Les deux suspectes ont depuis été arrêtées, puis présentées au procureur de la République. Après plusieurs retours de parquet, elles doivent comparaître devant le juge d’instruction ce mardi 7 avril 2026.
L’enquête, toujours en cours, vise désormais à faire toute la lumière sur cette affaire et à déterminer si d’autres personnes, au sein ou en dehors de l’hôpital, pourraient être impliquées dans ce présumé détournement de fonds publics.
