
Le différend opposant l’État du Sénégal à la société Ellipse Projects prend une tournure plus ferme. Le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a officiellement notifié à l’entreprise une mise en demeure, lui enjoignant de reprendre l’exécution de plusieurs projets d’envergure confiés par l’État. Ces chantiers concernent notamment des infrastructures relevant du ministère de la Justice ainsi que la construction de l’hôpital d’Ourossogui.
Selon des informations rapportées par L’Observateur, le litige porte sur un contrat global évalué à près de 250 milliards de francs CFA. À ce jour, 75 milliards de francs CFA auraient déjà été versés par le Trésor public au titre d’une première phase de financement.
Des chantiers jugés insuffisamment exécutés
À la suite de l’installation du nouveau régime, un audit technique et financier a été diligenté sur plusieurs sites stratégiques. Les conclusions ont mis en lumière un faible niveau d’avancement des travaux, malgré les décaissements déjà effectués. Cette situation a conduit les autorités à suspendre les paiements, en attendant des clarifications et des garanties sur la poursuite effective des chantiers.
Parmi les projets concernés figurent notamment le camp pénal de Sébikotane, la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Fatick, ainsi que l’hôpital d’Ourossogui, où les travaux seraient quasiment à l’arrêt depuis 2021, selon les constats officiels.
L’État exige une reprise immédiate
Face à ce qu’il considère comme une situation préoccupante, le gouvernement sénégalais exige une reprise sans délai des travaux, dans le strict respect des normes techniques, des délais contractuels et du cahier des charges initialement signé.
En visite sur certains sites, le ministre des Infrastructures a tenu à clarifier la position de l’État. « Une mise en demeure a été adressée à l’entreprise afin qu’elle poursuive les travaux conformément aux normes établies. La réponse d’Ellipse Projects est actuellement à l’étude au niveau du ministère de la Justice. À l’issue de cet examen, les décisions appropriées seront prises dans ce dossier d’une extrême gravité », a déclaré Déthié Fall, cité par L’Observateur.
Ellipse Projects conditionne la reprise au paiement des créances
De son côté, Ellipse Projects rejette toute responsabilité dans le ralentissement des chantiers. Par la voix de son conseil, Me Seydou Diagne, l’entreprise affirme que la reprise des travaux reste conditionnée au règlement de ses créances.
Selon la société, les décaissements seraient bloqués depuis le changement de régime, alors que les sommes réclamées auraient été prévues dans les lois de finances 2024, 2025 et 2026. Une position qui accentue la tension entre les deux parties et confirme l’ouverture d’un contentieux aux implications financières et institutionnelles majeures.
Un dossier sous haute surveillance
Ce bras de fer, suivi de près par l’opinion publique, pourrait déboucher sur des décisions lourdes, allant de la résiliation de contrats à d’éventuelles poursuites, selon l’issue de l’examen en cours. Pour l’État comme pour l’entreprise, l’enjeu est désormais autant juridique que politique.
