Le mercredi 28 janvier 2026 restera comme l’une des journées les plus sombres pour la presse locale à Bignona. En pleine après-midi, un individu d’une extrême violence a fait irruption dans les locaux de la radio FM AWAGNA, s’en prenant au personnel et détruisant une grande partie du matériel de diffusion. Face à la brutalité de l’attaque, le rédacteur en chef, Abraham Isaac Coly, a été contraint d’intervenir physiquement pour éviter un drame aux conséquences incalculables.
Il est un peu avant 17 heures lorsque la station fonctionne normalement. Une émission consacrée aux transports est à l’antenne, tandis qu’Abraham Isaac Coly se prépare à entrer en studio pour présenter le journal local. Soudain, des cris éclatent, suivis de bruits de lutte qui brisent le calme habituel des lieux.
À la sortie du bureau de la direction, le gardien tente de contenir un homme à la carrure imposante. La confrontation est brève mais intense. Rapidement débordé, le vigile est contraint de battre en retraite, laissant l’assaillant se diriger vers le cœur névralgique de la radio : le studio de diffusion.
Une fois à l’intérieur, l’individu se déchaîne. Il renverse les équipements techniques, arrache le matériel et sème la panique. Dans un geste d’une violence extrême, il s’empare d’un inverter et le projette en direction de l’animateur en plein direct. Refusant de fuir, le rédacteur en chef décide alors d’intervenir.
« Je ne pouvais pas partir pendant qu’il détruisait tout », expliquera-t-il plus tard.
Un corps-à-corps s’engage. Malgré un coup de poing reçu de plein fouet, Abraham Isaac Coly, aidé par des collègues arrivés en renfort, parvient à maîtriser l’agresseur et à le plaquer au sol. L’homme est immobilisé jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre, mettant fin à plusieurs minutes de terreur.
Le bilan est lourd. La radio FM AWAGNA est contrainte de suspendre ses émissions. Les dégâts matériels sont considérables : tables brisées, microphones arrachés, consoles de mixage détruites. Sur le plan humain, trois personnes — le rédacteur en chef, l’animateur et le gardien — souffrent de blessures légères, tandis que l’ensemble de l’équipe demeure profondément traumatisée.
Encore sous le choc, Abraham Isaac Coly mesure le danger évité de justesse :
« S’il était tombé sur une femme seule ou sur l’un de nos animateurs en situation de handicap, cela aurait été un carnage. »
Au-delà de l’attaque contre un organe de presse, cet incident remet au centre des préoccupations la question de la prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiatriques dans le département. L’agresseur, décrit comme instable, est actuellement entre les mains de la police.
Le rédacteur en chef lance un appel pressant aux autorités et aux familles :
« Lorsqu’un proche devient agressif ou présente des troubles mentaux, il faut le signaler et l’orienter vers le centre de soins de Kenia. Ne laissons pas ces situations dégénérer. »
Aujourd’hui, la radio FM AWAGNA réclame justice, un soutien pour reconstruire son outil de travail et une meilleure protection des professionnels des médias, en première ligne pour informer et donner la parole aux citoyens.
