La chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Thiès a examiné, ce mardi 24 février, une affaire particulièrement sensible mettant en cause un cultivateur d’une cinquantaine d’années, identifié sous les initiales I. Seydi. Il est poursuivi pour viol, pédophilie et détournement de mineure sur une adolescente de 12 ans. Les faits se seraient déroulés en 2023 à Fass Boye, dans le département de Tivaouane.
À la barre, en l’absence de la victime, le prévenu a reconnu avoir entretenu des relations sexuelles avec une jeune fille qu’il a identifiée sous le nom d’Ivone Mané. Toutefois, il a déclaré ne pas connaître la victime mentionnée dans le dossier sous le nom de Fatou Mané, soulevant ainsi une confusion sur l’identité. Il a soutenu que la jeune fille était consentante et a tenté de justifier ses actes en évoquant une relation amoureuse.
« J’étais amoureux de cette fille. Nos maisons sont voisines. J’avais l’intention de l’épouser. J’en ai parlé à son père, qui m’a dit qu’il allait en discuter avec sa mère. Elle venait parfois chez moi pour préparer du thé. C’est à ces moments que nous avons eu des rapports sexuels à plusieurs reprises. Je ne l’ai jamais forcée. Je profitais de l’absence de ma femme », a-t-il déclaré devant la cour.
Selon les éléments de l’enquête, la situation aurait pris une tournure plus grave lorsque l’adolescente est tombée enceinte. Il est reproché à l’accusé de lui avoir remis des médicaments dans le but de provoquer un avortement.
Une confusion sur l’identité de la victime
Entendu par la juridiction, le père de la jeune fille a affirmé qu’Ivone Mané et Fatou Mané désignent une seule et même personne. « Lorsque j’ai constaté un changement physique chez ma fille, je lui ai demandé si I. Seydi entretenait des relations avec elle. Elle a nié. Quelques jours plus tard, j’ai remarqué qu’elle prenait du poids. J’ai alerté sa mère, qui l’a conduite à l’hôpital », a-t-il expliqué.
Les examens médicaux ont confirmé la grossesse. Interrogée sur l’identité de l’auteur, l’adolescente aurait désigné I. Seydi. Malgré cela, le prévenu persiste à affirmer qu’il ne connaît pas la nommée Fatou Mané, maintenant le flou autour de l’identité évoquée dans la procédure.
Face à cette situation et en l’absence de la victime à l’audience, la défense a sollicité un renvoi afin de permettre sa comparution. Le juge a accédé à cette demande et a renvoyé l’affaire au 9 juin 2026. La juridiction entendra alors la jeune fille, actuellement en Casamance, afin de faire toute la lumière sur ce dossier
