Le coordinateur de l’ONG JAMRA, Mame Mactar Guèye, est sorti de sa réserve après le retrait des éléments de sécurité qui lui avaient été affectés par la police. Selon lui, cette protection lui avait été accordée en raison des menaces liées à son engagement public contre l’homosexualité. Mais à sa grande surprise, les agents chargés de sa sécurité ont été retirés seulement deux jours après leur déploiement.
Une décision qu’il dit vivre comme une humiliation, d’autant plus que, affirme-t-il, ses détracteurs n’ont pas tardé à réagir. « Quand certains homosexuels ont appris qu’Ousmane Sonko avait retiré ma sécurité, certains m’ont appelé pour m’insulter. Un autre l’a fait en début de soirée, en pleine circulation, alors que je me rendais à mon émission sur 2STV », a-t-il confié.
Dans ses déclarations, Mame Mactar Guèye affirme que le Premier ministre n’a pas bien compris sa démarche concernant une supposée liste de personnes qu’il dit détenir. « La liste des homosexuels que je détiens n’est pas destinée aux réseaux sociaux, mais aux autorités. Comme je l’avais fait sous le régime de l’APR, j’avais remis la liste, mais rien n’a été fait », a-t-il soutenu, en référence à l’ancien parti au pouvoir, Alliance pour la République (APR).
Il regrette par ailleurs que le régime actuel, dirigé par le parti PASTEF, n’ait pas privilégié, selon lui, une approche institutionnelle. « Ce régime, au lieu de nous appeler pour travailler sur la question, a préféré réagir à travers les réseaux sociaux. Et cela ne repose sur aucune base légale. Ousmane Sonko a fauté à mon égard. Je n’ai jamais dit que j’allais publier la liste personnellement », a-t-il insisté.
Lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le chef du gouvernement n’a pas mâché ses mots à l’endroit du responsable de JAMRA, critiquant ouvertement ses prises de position publiques sur l’homosexualité. Cette passe d’armes illustre les tensions persistantes autour de ce sujet sensible au Sénégal, où les débats mêlent considérations juridiques, religieuses et politiques.
