Mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ : « Une communication troublante » du procureur

Le Collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) est monté au créneau après la conférence de presse du procureur de la République, Ibrahim Ndoye, tenue le mardi 17 février 2026 à la suite du décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ.

Dans un communiqué rendu public le 18 février 2026, les représentants des étudiants disent avoir suivi cette sortie médiatique « avec une vive consternation ». Le Collectif estime que les explications fournies par le parquet laissent apparaître, selon ses termes, « une volonté manifeste de l’État de se dégager de toute responsabilité dans cette mort aussi douloureuse qu’inacceptable ».

Les étudiants jugent notamment préoccupante l’approche adoptée par le procureur dans sa communication, qu’ils qualifient de « troublante ». Ils considèrent que plusieurs zones d’ombre subsistent, notamment sur les circonstances exactes ayant conduit au drame. Les déclarations évoquant la chute de la victime depuis le quatrième étage continuent de susciter de nombreuses interrogations au sein de la communauté universitaire.

Dans son communiqué, le Collectif pose ainsi plusieurs questions : comment la situation a-t-elle pu dégénérer à ce point au sein du campus social ? Qui a pris la décision d’autoriser l’intervention des forces de défense et de sécurité dans l’enceinte universitaire ? Autant de points qui, selon les étudiants, nécessitent des éclaircissements précis pour comprendre le déroulement des événements.

Le mouvement estudiantin interpelle également les autorités sur la gestion globale des incidents survenus le 9 février 2026. Il s’interroge notamment sur le rôle des responsables sécuritaires et sur la conduite des opérations ce jour-là, estimant que des décisions auraient pu être prises pour éviter l’escalade des violences.

D’autres interrogations portent sur les circonstances entourant l’incendie signalé dans une chambre universitaire et sur les conditions dans lesquelles certains étudiants auraient été contraints de sauter depuis les étages supérieurs pour échapper au danger. Le Collectif estime que ces éléments doivent faire l’objet d’investigations approfondies afin d’établir les faits avec précision.

Au-delà des aspects judiciaires, les étudiants affirment que l’ensemble de la communauté universitaire, ainsi qu’une partie de l’opinion publique, attend des réponses claires et transparentes. Ils rejettent par ailleurs toute tentative, selon eux, de faire porter la responsabilité des événements aux seuls étudiants, estimant qu’une telle démarche reviendrait à ignorer les causes profondes du drame.

Sur le plan revendicatif, le Collectif des amicales exige la libération des étudiants arrêtés dans le cadre des troubles récents, qu’il considère comme injustement détenus. Le mouvement salue également les élans de solidarité observés dans plusieurs établissements et la mobilisation croissante autour de la situation à l’UCAD.

En attendant que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès d’Abdoulaye Bâ, le Collectif maintient son mot d’ordre de grève jusqu’au jeudi 19 février 2026 et réaffirme sa détermination à poursuivre la mobilisation pour obtenir, selon ses termes, « vérité et justice » pour leur camarade disparu.

Cette affaire continue de susciter une vive émotion dans le milieu universitaire et au sein de l’opinion publique, alors que l’enquête judiciaire suit son cours et que les appels à la transparence se multiplient.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *