Ndogou au Palais : Un maire de « Pastef » refuse l’invitation de Diomaye Faye

Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a convié les maires issus du parti présidentiel, PASTEF, à un Ndogou au Palais de la République, dans le cadre du mois de Ramadan. Une initiative présentée comme un moment de communion et de partage entre le président et les élus locaux de sa formation politique.

Si la grande majorité des maires concernés devrait répondre favorablement à l’invitation, un élu a toutefois décidé de décliner l’offre. Il s’agit de Nfally Badji, maire de Suelle, dans le département de Bignona, qui a exprimé publiquement son refus à travers un message écrit consulté par Seneweb.

Dans son texte, l’édile explique clairement sa position : « Je tiens à vous informer que je ne donnerai pas une suite favorable à cette invitation. Je rappelle que les maires n’ont pas besoin de ndogou, mais plutôt de moyens conséquents pour améliorer la qualité de vie de leurs administrés. » Pour lui, les priorités des collectivités territoriales se situent ailleurs, notamment dans le renforcement des ressources financières et logistiques nécessaires au développement local.

Le maire de Suelle estime qu’une rencontre institutionnelle formelle aurait été plus appropriée. « J’aurais proposé, en lieu et place de cette invitation, une audience inscrite à l’agenda présidentiel afin que nous soyons reçus avec tous les honneurs dus à notre statut de premiers magistrats, pour échanger sur la situation du pays », poursuit-il. À travers ces propos, il semble plaider pour un cadre d’échanges plus officiel et orienté vers les problématiques concrètes auxquelles font face les communes.

Par ailleurs, Nfally Badji, également enseignant-chercheur à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), a profité de l’occasion pour adresser un message à ses camarades de parti. Il les invite à réfléchir au sens profond de leur engagement politique. « Par cet acte, j’aimerais rappeler qu’être patriote ne doit pas se limiter à porter les couleurs d’un parti, mais plutôt à prouver son patriotisme par des actes, des faits et des gestes », a-t-il déclaré.

Cette prise de position, rare au sein de la majorité présidentielle, pourrait alimenter le débat sur les relations entre l’exécutif et les collectivités territoriales, ainsi que sur les attentes des élus locaux en matière de gouvernance et de développement.

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