Ancien président de la Fédération sénégalaise de football, Augustin Senghor a vivement réagi à la décision de la Confédération africaine de football de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique, six jours après les faits. Il met notamment en cause la responsabilité de l’arbitre de la finale ayant opposé le Maroc aux Lions de la Teranga.
Près d’une semaine après que le jury d’appel de la CAF a attribué sur tapis vert la victoire au Maroc, à la suite du retour aux vestiaires de certains joueurs sénégalais après un penalty controversé, la polémique reste vive au Sénégal.
Lundi, Moussa Mbaye, membre du Comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football (FSF), a annoncé que le recours devant le Tribunal arbitral du sport serait officiellement déposé ce mardi. Une déclaration qui vient balayer les rumeurs évoquant un gel déjà acté de la décision de la CAF.
Face à cette situation, les autorités du football sénégalais affichent leur colère. Augustin Senghor, toujours membre de la CAF, s’est montré particulièrement critique, tout en regrettant la réaction des joueurs sénégalais lors de la finale. « Je suis sénégalais et je déplore qu’il y ait eu cette réaction », a-t-il déclaré sur Canal+.
Toutefois, il dénonce une décision qu’il juge déséquilibrée : « Sanctionner les conséquences sans analyser les causes, c’est comme un chien qui se mord la queue. Cela ne règle rien. » Il insiste également sur le respect des règles du jeu, estimant que la CAF ne peut pas se substituer aux lois en vigueur.
Pour lui, même si l’instance continentale souhaite protéger son image après une finale suivie à l’échelle mondiale, elle ne doit pas pour autant créer de nouvelles règles. « Les juridictions disciplinaires ou d’appel ne sont pas là pour inventer le droit. Sinon, on tombe dans l’arbitraire », a-t-il martelé.
L’ancien patron du football sénégalais a aussi évoqué la règle de l’IFAB sur le caractère définitif des décisions arbitrales, suggérant qu’une réforme officielle serait nécessaire pour limiter les prérogatives des arbitres.
Enfin, Augustin Senghor pointe directement l’arbitre de la rencontre, Jean-Jacques Ngambo Ndala. Selon lui, la gestion du match relève entièrement de l’officiel. « L’arbitre n’a jamais contesté le résultat. S’il l’avait fait dans son rapport, on n’aurait ni remis le trophée, ni attendu 52 jours pour une décision qui, à mes yeux, dépasse les compétences du jury disciplinaire », a-t-il conclu.
