Prenant la parole devant les députés à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko est longuement revenu sur la situation de la dette publique héritée de l’ancien régime. Dans une déclaration au ton grave, il a estimé que le pays aurait été « empoisonné et piégé » par le pouvoir sortant dirigé par Macky Sall à la veille de son départ.
Selon le chef du gouvernement, les chiffres seraient éloquents. Il a rappelé qu’en 2012, au moment de l’accession au pouvoir du régime précédent, l’encours de la dette laissé par l’administration de Abdoulaye Wade était évalué à environ 2 700 milliards de FCFA, pour un taux d’endettement estimé à 39 % du produit intérieur brut (PIB).
En comparaison, a-t-il poursuivi, la dette publique atteindrait aujourd’hui 23 666 milliards de FCFA, soit 119 % du PIB. À ses yeux, cela signifie que l’encours de la dette aurait été multiplié par plus de dix en l’espace de douze années. Une évolution qu’il juge préoccupante au regard des équilibres budgétaires et des marges de manœuvre de l’État.
« L’ancien régime a empoisonné et piégé le pays avant de partir… “Dañu empoisonné réwmi bayiko” », a-t-il déclaré en wolof, pour illustrer ce qu’il considère comme une situation financière fortement dégradée au moment de l’alternance.
Le Premier ministre a tenu à souligner que ces données ne relèveraient pas d’une appréciation politique, mais s’appuieraient, selon lui, sur les chiffres et statistiques officiels disponibles au ministère des Finances. Il a par ailleurs affirmé que le taux d’endettement officiellement communiqué par l’ancien régime — 74 % du PIB — serait en deçà de la réalité, qu’il situe à 119 %, évoquant ainsi un écart d’environ 7 667 milliards de FCFA qui n’aurait pas été déclaré.
