Procès : lourde peine pour le Tiktokeur Ibrahima Mara Ba, qui filmait des mineures à leur insu

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict, ce 3 février 2026, dans l’affaire d’Ibrahima Mara Ba, influenceur TikTok âgé de 21 ans, poursuivi pour des faits graves de cyberharcèlement et d’atteinte à la vie privée. Cette affaire avait suscité une forte émotion au Sénégal, notamment en raison de l’implication de mineures comme victimes et de l’usage des réseaux sociaux comme outil de prédation numérique.

Les faits à l’origine de la condamnation

Ibrahima Mara Ba avait été interpellé par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC) le 14 janvier 2026, à l’issue d’une enquête suite à de multiples signalements et cyberpatrouilles. Selon les informations recueillies par GMS.SN, l’influenceur ciblait principalement de jeunes filles, qu’il filmait à leur insu, avant de diffuser les vidéos sur la plateforme TikTok. Les contenus publiés comportaient, selon les enquêteurs, des scènes d’agression physique, suivies de propos injurieux ou intimidants lorsque les victimes tentaient de résister ou de s’opposer à ses actions.

Les investigations ont permis d’identifier trois victimes, dont deux mineures âgées de 13 et 17 ans et une jeune majeure de 19 ans. Les familles des victimes avaient déposé une plainte collective, soulignant la gravité des atteintes subies et l’impact psychologique sur les jeunes filles.

Le procès et les réquisitions

Lors de l’audience du 3 février, le tribunal des flagrants délits a examiné les charges retenues contre le jeune influenceur :

Diffusion d’images de mineures sans consentement,

Menaces et voies de fait,

Outrage public à la pudeur.

Ibrahima Mara Ba, bien que présenté comme contrit et exprimant des remords, n’a pas convaincu la cour de son repentir. Ses avocats avaient plaidé une circonstance atténuante, évoquant la jeunesse et la naïveté de l’accusé face à l’usage des réseaux sociaux. Mais pour le tribunal, la prévention et la protection des mineurs priment sur tout, surtout dans un contexte où les contenus en ligne peuvent se propager rapidement et causer des dommages irréversibles.

La condamnation : un signal fort pour la cybersécurité

Le tribunal a reconnu Ibrahima Mara Ba coupable des faits reprochés. Sa peine a été fixée à un an de prison, dont trois mois ferme, assortie d’une amende de 50 000 FCFA.

Cette décision est perçue comme un signal fort de l’État sénégalais, qui montre sa détermination à lutter contre la cybercriminalité et le harcèlement en ligne, en particulier lorsqu’il touche des personnes vulnérables comme les mineures. Les autorités judiciaires insistent sur le fait que l’usage des réseaux sociaux ne doit jamais devenir un outil d’atteinte à la dignité des autres, et que la loi s’applique avec rigueur à tous les contrevenants.

Réactions et portée de l’affaire

La condamnation a suscité des réactions dans la société civile et parmi les utilisateurs des réseaux sociaux au Sénégal. Pour de nombreux acteurs, cette affaire rappelle l’importance d’éduquer les jeunes sur les limites légales et éthiques du numérique. Les experts en cybersécurité estiment que ce jugement pourrait servir de précédent et dissuader d’éventuels cyberharceleurs.

De son côté, la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité a salué la décision de justice, rappelant que ses missions incluent la protection des mineurs contre les abus numériques, le suivi des contenus en ligne et la prévention des délits commis via les réseaux sociaux.

Un enjeu national : protéger les jeunes internautes

Cette affaire met en lumière un défi majeur pour le Sénégal : concilier liberté d’expression et sécurité en ligne. Avec la popularité croissante des plateformes comme TikTok, Instagram ou YouTube, la protection des mineurs et la lutte contre la diffusion de contenus préjudiciables deviennent des priorités.

Le cas d’Ibrahima Mara Ba rappelle à tous les parents, éducateurs et jeunes utilisateurs que les actions sur internet ont des conséquences réelles et immédiates. Le tribunal a voulu, à travers cette sanction, envoyer un message clair : la loi s’applique aussi dans le cyberespace, et les atteintes à la vie privée ou à la dignité des mineurs seront systématiquement poursuivies.

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