Au lendemain des violents incidents survenus au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), marqués notamment par la fermeture des restaurants universitaires, l’intervention des forces de l’ordre et un bilan faisant état d’un mort et de plusieurs blessés graves, les étudiants ont été sommés de quitter les lieux avec leurs bagages au plus tard ce mardi à midi.
Interrogés par Senego, plusieurs d’entre eux ont exprimé leur profonde amertume, affirmant se sentir « trahis » par les nouvelles autorités. Certains citent nommément Ousmane Sonko, pour lequel ils disent s’être mobilisés dans le passé, notamment lors des mouvements de contestation contre l’ancien régime de Macky Sall.
Trouvés en grand nombre aux abords de l’université, le visage fermé et visiblement éprouvés par les événements, les étudiants disent toutefois se résoudre à respecter le communiqué du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), qui leur intime de libérer le campus social dans les délais fixés. Beaucoup s’affairaient ainsi à rassembler leurs effets personnels, dans une atmosphère lourde, mêlant colère, tristesse et incertitude quant aux jours à venir.
Plusieurs témoignages traduisent une colère profonde contre les autorités actuelles, que certains accusent d’avoir oublié les réalités de la vie estudiantine, bien qu’elles les aient elles-mêmes connues par le passé. « Nous sommes affamés, torturés, trahis, trompés, déçus, et l’un des nôtres a été tué par nos autorités. Nous les avons élus et leur avons donné tous les pouvoirs, mais aujourd’hui nous n’avons même plus les mots pour les qualifier, tant ils nous ont trompés », ont-ils dénoncé.
Pris de court par la décision d’évacuation et confrontés à des difficultés matérielles pour regagner leurs localités, plusieurs étudiants lancent également un appel aux maires et aux autorités de leurs communes d’origine afin de bénéficier d’un appui, notamment en matière de transport, pour pouvoir rentrer auprès de leurs familles dans des conditions dignes.
Sur place, l’incertitude demeure, alors que la situation sur le campus reste tendue et que de nombreuses voix appellent à des mesures urgentes pour apaiser le climat et éviter une nouvelle escalade.
