Le Soudan du Sud se retrouve au cœur d’une polémique embarrassante après la nomination, dans un comité chargé de préparer les prochaines élections, d’un homme décédé depuis cinq ans. L’incident, rapidement relayé sur les réseaux sociaux, a suscité une vague de moqueries et contraint les autorités à reconnaître leur erreur.
La semaine dernière, le président Salva Kiir avait procédé à une série de nominations dans le but de relancer le processus électoral, maintes fois reporté. Depuis son indépendance en 2011, le plus jeune État du monde n’a encore jamais organisé d’élection nationale. Parmi les personnalités désignées figurait Steward Sorobo, dont le décès remonte pourtant à plusieurs années, selon des médias locaux.
Face au tollé provoqué par cette révélation, la présidence a réagi. Dans un communiqué, le porte-parole du chef de l’État, David Amour Majur, a exprimé ses regrets, reconnaissant qu’«une vérification approfondie n’a manifestement pas été effectuée», ce qui a conduit à cette erreur administrative. Peu après, le porte-parole a été relevé de ses fonctions.
Si le nom de Steward Sorobo a été retiré de la liste officielle, sa famille a vivement réagi, estimant qu’il ne s’agit pas d’une simple bévue administrative, mais aussi d’un acte portant atteinte aux valeurs culturelles et spirituelles. Elle a ainsi réclamé des excuses formelles ainsi qu’une réparation pour le préjudice moral et spirituel subi.
Sur les réseaux sociaux, l’affaire a suscité de nombreuses réactions ironiques. Certains internautes ont dénoncé des nominations réalisées à partir d’anciennes listes sans vérification, tandis que d’autres, sur le ton de l’humour, ont suggéré de maintenir le défunt à son poste comme «coordinateur entre les vivants et les morts», une plaisanterie amère dans un pays marqué par une guerre civile meurtrière entre 2013 et 2018.
