Une attaque terroriste visant un convoi de camions-citernes transportant du carburant a fait au moins quinze morts dans l’ouest du Mali, ravivant de vives inquiétudes sur la situation sécuritaire et la fragilité de l’approvisionnement énergétique d’un pays fortement dépendant de ses corridors commerciaux régionaux.
Les faits se sont déroulés jeudi dernier sur l’axe stratégique Diboli–Kayes, à proximité immédiate de la frontière avec le Sénégal. Cette route est l’un des principaux couloirs d’acheminement des marchandises, notamment du carburant, depuis le port de Dakar vers le Mali. Selon plusieurs sources locales concordantes, des hommes armés ont attaqué un convoi et incendié plusieurs camions-citernes circulant sur ce tronçon.
Un animateur d’une radio communautaire basée à Diboli a indiqué que quinze corps de chauffeurs ont été retrouvés près des véhicules calcinés, soulignant l’extrême violence de l’attaque. Les victimes seraient majoritairement des conducteurs chargés du transport de carburant vers l’intérieur du pays.
De son côté, un responsable de la sécurité malienne a confié à l’Agence France-Presse (AFP) que le bilan provisoire pourrait s’élever à dix-huit morts, sans donner de précisions supplémentaires sur les circonstances exactes ou l’identité précise des assaillants.
L’attaque a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation jihadiste affiliée à Al-Qaïda, active dans plusieurs régions du Mali. Cette opération intervient après plusieurs semaines de relative accalmie sécuritaire dans cette zone, qui avait nourri l’espoir d’une stabilisation progressive des principaux axes commerciaux.
Cependant, depuis plusieurs mois, le JNIM intensifie sa pression sur le sud et l’ouest du Mali, mettant en place un véritable blocus économique de facto. Ces régions sont cruciales pour l’approvisionnement du pays en carburant, denrées alimentaires et autres produits de première nécessité. Les attaques répétées contre les convois visent clairement à perturber ces flux logistiques vitaux.
Face à cette menace persistante, les autorités de transition maliennes ont renforcé ces derniers mois la sécurisation des convois de carburant, notamment par l’instauration d’escortes militaires. Cette mesure a permis, selon plusieurs observateurs, une amélioration relative de la disponibilité du carburant à Bamako, après de graves pénuries ayant paralysé la capitale.
