Affaire Pape Cheikh Diallo : le CNLS clarifie la prise en charge du VIH en prison…

Alors que l’affaire Pape Cheikh Diallo et de ses coaccusés continue d’alimenter le débat public, notamment après l’annonce de résultats positifs au VIH concernant deux des mis en cause, le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS) est sorti de sa réserve pour apporter des clarifications officielles sur les règles applicables en milieu carcéral.

Dans une note rendue publique, l’institution rappelle que le dépistage du VIH en prison ne peut en aucun cas être imposé aux détenus. Il repose exclusivement sur le principe du volontariat, conformément aux normes nationales et internationales en matière de droits humains et de santé publique. Tout test doit être précédé d’un counseling adapté, permettant à la personne concernée d’être informée de manière claire sur la procédure, ses implications et les possibilités de prise en charge en cas de résultat positif. Le CNLS insiste également sur le respect strict de la confidentialité des résultats, qui ne peuvent être communiqués qu’au détenu lui-même et aux professionnels de santé habilités.

L’institution tient par ailleurs à dissiper les craintes et amalgames souvent associés au VIH en milieu fermé. Elle rappelle qu’une personne vivant avec le VIH ne constitue aucun danger pour ses codétenus, en particulier lorsqu’elle bénéficie d’un traitement antirétroviral efficace. Le CNLS réaffirme le principe scientifique désormais bien établi « Indétectable = Intransmissible » (I=I), selon lequel une personne dont la charge virale est rendue indétectable grâce au traitement ne transmet pas le virus par voie sexuelle. Ce consensus scientifique rend, selon l’organisme, infondée toute mesure d’isolement systématique fondée uniquement sur le statut sérologique.

Dans sa communication, le CNLS met également l’accent sur la nécessité de préserver la dignité des personnes détenues vivant avec le VIH. Toute forme de stigmatisation, de discrimination ou d’exposition publique de leur statut sérologique constitue une violation de leurs droits fondamentaux. Le dossier médical d’un détenu doit rester strictement confidentiel et accessible uniquement au personnel de santé autorisé.

L’organisme souligne en outre que la continuité des soins est un principe intangible : l’incarcération ne doit en aucun cas interrompre ou compromettre l’accès au traitement. Les détenus séropositifs doivent bénéficier d’une prise en charge globale, intégrant à la fois le suivi médical, l’accès régulier aux antirétroviraux et un accompagnement psychosocial adapté.

Enfin, le CNLS rappelle que des sessions de formation et de sensibilisation sont régulièrement organisées à l’intention du personnel pénitentiaire et des détenus afin d’améliorer la compréhension du VIH, de lutter contre les idées reçues et de renforcer la gestion sanitaire en milieu carcéral. À travers cette note, l’institution entend recentrer le débat sur les principes de santé publique, de respect des droits humains et de responsabilité collective face à une infection qui demeure un enjeu majeur, mais maîtrisable grâce aux avancées médicales.

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