Face aux inquiétudes croissantes exprimées par certains militants de son camp sur l’équilibre des forces au sein de la nouvelle majorité présidentielle, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à apporter des clarifications.
Lors d’un échange en ligne organisé ce dimanche dans le cadre d’un forum politique digital baptisé « waxtaan ak Pros », le leader du PASTEF a adressé un message ferme à l’endroit des partenaires de la coalition au pouvoir.
S’exprimant devant des militants et sympathisants connectés, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de respecter les rapports de force issus des urnes. Tout en affirmant que son parti reste ouvert au travail collectif et aux alliances politiques, il a tenu à fixer des limites claires. « Nous ne refusons ni le travail commun ni les alliances », a-t-il déclaré, avant de préciser qu’aucun partenaire ne doit chercher à affaiblir ou à prendre le contrôle d’une formation politique qui a démontré sa puissance électorale lors des élections de 2024.
Dans son intervention, Ousmane Sonko a également dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de manipulation politique au sein même de la coalition.
Selon lui, certaines démarches s’apparentent à des stratégies de « diviser pour mieux régner », visant à fragiliser l’équilibre interne de la majorité. Le Premier ministre a averti que ce type de pratiques ne saurait être toléré dans une coalition appelée à gouverner le pays et à porter les ambitions politiques exprimées par les électeurs.
Afin de répondre à ceux qui accusent parfois son parti de vouloir monopoliser le pouvoir, le leader de PASTEF a rappelé l’histoire d’ouverture de sa formation politique. Depuis sa création, a-t-il souligné, le parti a régulièrement travaillé avec des alliés et leur a confié des responsabilités importantes dans les institutions. Il a notamment cité les exemples de Cheikh Tidiane Dièye et Aïda Mbodj, qui ont bénéficié de postes de premier plan, que ce soit au gouvernement ou à l’Assemblée nationale.
Pour Ousmane Sonko, cette pratique illustre la volonté de partage des responsabilités au sein de la majorité, mais dans un cadre clairement défini : celui du respect mutuel entre partenaires et de la légitimité politique issue du suffrage universel.
Enfin, le Premier ministre a évoqué l’origine des tensions observées ces derniers temps dans la coalition. Selon lui, « l’essentiel du bruit » médiatique et des frictions politiques serait imputable à certains acteurs ayant rejoint la majorité récemment, notamment à l’occasion des dernières échéances électorales. Cette mise au point, à la fois pédagogique et ferme, visait à rassurer les militants de PASTEF tout en adressant un avertissement clair à certains nouveaux venus au sein de la coalition présidentielle.
