Conflit autour de la billetterie électronique : l’AFTU alerte sur un risque de paralysie

Plusieurs dizaines d’agents affiliés à l’Association de Financement des Professionnels du Transport Urbain (AFTU) ont observé un mouvement de grève ce jeudi 14 mai, entraînant l’immobilisation de plusieurs bus Tata et perturbant fortement le trafic du transport public dans plusieurs zones. Cette situation intervient dans un contexte de vive tension autour du système de billettique électronique utilisé au sein du réseau de transport, un dossier qui suscite depuis plusieurs mois des désaccords entre différents acteurs du secteur.

À l’origine de cette cessation d’activités figure un différend opposant l’AFTU à un opérateur de transport concernant la gestion, le contrôle et l’exploitation des systèmes de billetterie électronique. Le conflit a pris une nouvelle tournure après une récente décision rendue par le Tribunal de grande instance de Dakar. La juridiction a ordonné la suspension du déploiement de nouvelles machines de billetterie et autorisé la saisie des équipements déjà installés sur certaines lignes, une décision qui a été perçue comme une victoire judiciaire pour les opérateurs ayant contesté le dispositif mis en place.

Cette décision a eu des conséquences immédiates sur le fonctionnement quotidien des lignes exploitées par l’AFTU. Selon les responsables de l’association, plusieurs terminaux de vente indispensables au fonctionnement des bus ont été retirés ou immobilisés, compliquant considérablement l’exploitation normale des véhicules.

Le directeur de l’exploitation de l’AFTU, Khadim Mbacké Dieng, a exprimé son inquiétude face à la situation et a lancé un appel aux autorités afin qu’elles interviennent rapidement pour éviter une aggravation de la crise. Il estime qu’en l’absence d’une solution rapide, le secteur du transport urbain pourrait connaître une paralysie plus importante avec des conséquences directes pour les usagers.

« Beaucoup de nos véhicules n’ont pas pu disposer de terminaux de vente. Naturellement, ils ne pouvaient plus continuer à exploiter les lignes, ce qui a occasionné cet arrêt de travail », a-t-il expliqué.

Le responsable rappelle également que l’AFTU avait entrepris depuis plusieurs années un processus de modernisation de son réseau à travers une stratégie de digitalisation complète du système de transport. Cette réforme visait notamment à améliorer la gestion des recettes, à renforcer la traçabilité des opérations et à offrir aux usagers un système de paiement plus moderne et sécurisé.

Khadim Mbacké Dieng soutient par ailleurs que plusieurs décisions judiciaires antérieures auraient déjà tranché certains aspects du litige. Selon lui, la société Transpay aurait été condamnée pour des faits liés à la contrefaçon aussi bien en première instance qu’en appel, avant une confirmation devant la Cour suprême.

« Aujourd’hui, celui qui a été condamné pour contrefaçon, c’est Transpay de Mohamed Moustapha Ndiaye », a-t-il affirmé, tout en insistant sur le fait que les exploitants ne peuvent assurer leurs activités sans les dispositifs technologiques nécessaires à l’émission et à la gestion des tickets.

Il a également révélé qu’une instruction aurait été donnée par le président de l’AFTU demandant l’arrêt de la circulation des bus Tata concernés jusqu’à nouvel ordre.

« Si les terminaux de Transpay ne sont plus admis sur le réseau et que nous non plus n’avons plus nos propres terminaux, il devient impossible pour l’AFTU de travailler dans ces conditions », a-t-il regretté.

Cette nouvelle crise intervient dans un contexte où les bus Tata constituent un maillon essentiel du transport urbain pour des milliers d’usagers. Une prolongation du mouvement pourrait avoir des répercussions importantes sur les déplacements quotidiens, notamment pour les travailleurs, les élèves et les étudiants qui dépendent largement de ce réseau pour leurs trajets journaliers.

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