L’hypothèse d’une candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies, en remplacement d’António Guterres dont le mandat s’achève en janvier 2027, continue d’alimenter les débats au Sénégal. Toutefois, selon des informations rapportées par le quotidien L’AS, les perspectives diplomatiques de l’ancien président sénégalais seraient loin d’être favorables.
Le journal évoque plusieurs facteurs déterminants qui fragiliseraient toute ambition onusienne de Macky Sall. En premier lieu, l’absence de soutien institutionnel officiel constitue un obstacle majeur. D’après des sources diplomatiques citées par L’AS, aucune initiative formelle n’a, à ce jour, été engagée par un État membre ou par un bloc régional africain pour porter sa candidature. Or, les règles de fonctionnement de l’ONU exigent qu’un candidat soit expressément proposé par un pays membre, condition qui n’est pour l’instant pas remplie.
À cela s’ajoute un héritage politique national jugé encombrant. Les tensions institutionnelles observées durant ses dernières années au pouvoir, ainsi que les critiques persistantes liées au respect des libertés publiques, pèseraient lourdement dans l’appréciation des membres influents du Conseil de sécurité, dont l’aval est indispensable à toute nomination.
Autre élément de taille : l’incertitude autour du soutien des grandes puissances. Aucun signal clair ne serait venu ni de Washington ni de Moscou, deux acteurs clés du processus. Selon les mêmes sources, les États-Unis sembleraient désormais orienter leurs priorités vers d’autres régions du monde, réduisant ainsi les chances d’un candidat africain.
Par ailleurs, la règle non écrite de la rotation géographique, qui guide traditionnellement le choix du Secrétaire général, pencherait cette fois en faveur de l’Amérique latine. Dans les cercles diplomatiques de l’ONU, deux tendances lourdes se dégagent. La première milite pour la désignation de la toute première femme à la tête de l’organisation, mettant en avant des personnalités comme l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet ou Rebeca Grynspan, actuelle secrétaire générale de la CNUCED.
La seconde dynamique semble davantage favorable à l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Soutenu notamment par des cercles proches du camp républicain de Donald Trump, il apparaîtrait aujourd’hui comme le candidat le mieux positionné, concentrant près de 40 % des probabilités, loin devant les profils africains, estimés à environ 20 %, parmi lesquels figure Amina Mohammed, actuelle vice-secrétaire générale de l’ONU.
Dans ce contexte géopolitique complexe, la perspective d’une accession de Macky Sall au sommet de l’Organisation des Nations unies semble, à ce stade, hautement compromise.
