Guinée: Démission du gouvernement du Premier ministre Amadou Oury Bah

Le gouvernement guinéen a présenté sa démission ce jeudi, quelques jours après l’investiture du général Mamadi Doumbouya à la tête de l’État, marquant officiellement la fin de la transition politique entamée il y a plus de quatre ans. L’annonce a été faite par la présidence guinéenne à travers un communiqué officiel.

Dans la foulée, le chef de l’État a signé un décret mettant un terme aux fonctions du Premier ministre, Amadou Oury Bah. Selon la présidence, la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale est attendue dans les prochains jours.

Le communiqué précise également que le président Doumbouya devrait fixer, courant février, la date des prochaines élections nationales, ouvrant ainsi une nouvelle phase du processus politique dans le pays.

Samedi dernier, le général Mamadi Doumbouya a été investi président de la République pour un mandat de sept ans. Cette investiture met fin à son statut de chef de la transition, rôle qu’il occupait depuis le coup d’État de septembre 2021, lorsqu’il avait renversé le président Alpha Condé. À l’époque, il s’était engagé à remettre le pouvoir à des civils à l’issue de la transition.

Dirigeant la Guinée d’une main ferme depuis son arrivée au pouvoir, Mamadi Doumbouya a remporté l’élection présidentielle du 28 décembre avec 86,72 % des suffrages. Un scrutin largement contesté par l’opposition, dont plusieurs figures majeures, contraintes à l’exil, avaient été exclues de la course électorale dans un climat de restrictions accrues des libertés publiques.

Initialement, le général Doumbouya avait pourtant assuré que ni lui ni aucun membre de la junte ne briguerait un mandat électif à l’issue de la transition.

Depuis le coup d’État, la situation politique et sécuritaire du pays s’est fortement dégradée. Plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations sont interdites depuis 2022 et sévèrement réprimées, tandis que de nombreux acteurs de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou contraints à l’exil. Ces dernières années ont également été marquées par une recrudescence des disparitions forcées et des enlèvements, selon des organisations de défense des droits humains.

Sur le plan diplomatique, l’Union africaine a toutefois annoncé jeudi la levée des sanctions imposées à la Guinée à la suite du coup d’État de 2021. Le Conseil paix et sécurité de l’UA, saluant la tenue de l’élection présidentielle ayant conduit à l’accession du général Doumbouya à la magistrature suprême, a décidé de réintégrer pleinement la Guinée au sein des instances de l’organisation continentale.

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