Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Palestine sous mandat britannique est alors traversée par deux dynamiques : l’augmentation de l’immigration juive et le mouvement de décolonisation. Sur place, les tensions entre juifs et arabes, mais également envers la domination britannique, s’intensifient.
La toute jeune Organisation des Nations unies (ONU) est alors chargée de trouver une solution. Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale adopte la résolution 181. Elle prévoit un découpage en trois de la Palestine : un État juif (56% du territoire), un État arabe (42%) et Jérusalem – avec sa proche banlieue – placée sous contrôle international (2 %).
Ces deux états hypothétiques sont composés de plusieurs territoires imbriqués les uns dans les autres. Le plan est immédiatement rejeté par les représentants arabes palestiniens et par les pays arabes. Sur le terrain, le désaccord dégénère en guerre civile, puis en conflit armé.
Lorsque les Britanniques mettent fin à leur mandat en mai 1948, Israël proclame son indépendance le 14 mai. La première guerre israélo-arabe éclate alors, permettant au nouvel État d’étendre progressivement son contrôle sur le territoire palestinien.
Depuis le déclenchement de la guerre à Gaza, provoquée par l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 – une attaque qui a causé la mort de 1 221 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP – la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne demeure critique. L’offensive israélienne qui s’est ensuivie a fait au moins 63 557 morts, détruit ou endommagé la majorité des bâtiments et contraint presque tous les habitants à fuir leur foyer au moins une fois.
Depuis le 2 mars 2025, Israël bloque toute entrée d’aide humanitaire dans la bande de Gaza. Le 16 septembre, pour la première fois, une commission d’enquête mandatée par l’ONU accuse Israël de « commettre un génocide » dans le territoire. Ses auteurs estiment que les forces israéliennes sont responsables de quatre des cinq actes constitutifs d’un génocide selon le droit international – des actes qui compromettent directement la capacité des Palestiniens de Gaza à survivre en tant que groupe et à se régénérer.
Plus d’un mois après l’annonce du cessez-le-feu et la libération des derniers otages israéliens en vie, le 13 octobre 2025, « le génocide se poursuit à Gaza », s’alarme Amnesty International. L’ONG rappelait déjà, il y a près d’un an, qu’Israël commettait un génocide dans l’enclave assiégée et estime que la « politique israélienne n’a pas changé ».
« Ce n’est pas compliqué. Pour qu’on ne puisse plus parler de génocide, il faut mettre un terme au blocus illégal », résume Aymeric Elluin, chargé de plaidoyer sur les armes et les conflits. « Vous savez que le territoire est fermé au niveau terrestre et au niveau maritime. Même les pêcheurs ne peuvent plus aller pêcher. Ils sont visés par des tirs d’hélicoptères. Il n’y a pas d’espace aérien. Gaza est fermée. Il faut donc mettre un terme au blocus illégal et autoriser en masse l’acheminement de l’aide humanitaire ».
