Interpellé dans le cadre d’une enquête approfondie menée par la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF), le lutteur Bébé Diène, de son vrai nom Amadou Cheikhou Diallo, a reconnu les faits qui lui sont reprochés, notamment l’utilisation d’une identité falsifiée ainsi que l’obtention irrégulière de la nationalité sénégalaise. Selon les premiers éléments de l’enquête, cette situation résulterait d’un montage administratif présumé impliquant plusieurs intervenants.
Au cours de son audition, le lutteur est revenu en détail sur les circonstances ayant conduit à son enrôlement frauduleux dans les registres de l’état civil sénégalais. Il a notamment déclaré avoir sollicité les services d’un individu identifié sous le nom de B. Thiam afin de faciliter ses démarches. « J’ai sollicité les services de B. Thiam pour obtenir la nationalité sénégalaise », a-t-il confié aux enquêteurs. Poursuivant ses explications, il a révélé le mécanisme utilisé pour obtenir des documents officiels sur la base d’une identité erronée : « B. Thiam m’a facilité l’établissement d’un acte de naissance frauduleux par substitution de parents ». D’après ses déclarations, cette procédure reposait sur la fabrication d’une fausse filiation, permettant ainsi de contourner les exigences légales en matière d’identification et de nationalité.
Actuellement, Bébé Diène est placé en garde à vue à la Sûreté urbaine de Dakar, aux côtés de deux autres individus également interpellés dans cette affaire. Tous trois sont soupçonnés d’être impliqués dans un réseau présumé de trafic de documents d’état civil, une infraction grave qui suscite une attention particulière de la part des autorités.
L’affaire a pris une tournure médiatique particulière dans un contexte de rivalité sportive. Elle fait suite à des déclarations controversées de son adversaire Zarco, prononcées lors de leur dernier face-à-face en prélude à leur combat prévu le dimanche 10 mai à l’Arène nationale. Ce dernier avait notamment lancé : « Il est temps qu’on oblige aux lutteurs de passer d’abord l’armée, ça permettra d’éviter l’arrivée des étrangers, des personnes qui se font appeler Mamadou Thiam ». Des propos qui, selon plusieurs sources, auraient contribué à attirer l’attention des autorités sur la situation du lutteur.
D’après les informations disponibles, ces déclarations auraient conduit à une autosaisine des services compétents, déclenchant ainsi l’ouverture d’une enquête officielle confiée à la DAF et aux forces de sécurité. Depuis lors, les investigations se poursuivent afin de déterminer l’ampleur du réseau et d’identifier d’éventuelles complicités.
À ce stade, aucune décision judiciaire définitive n’a été rendue publique. Les deux autres personnes interpellées restent également à la disposition des enquêteurs, tandis que les autorités continuent de rassembler les éléments nécessaires pour faire toute la lumière sur cette affaire, qui met en jeu des questions sensibles liées à l’identité, à la nationalité et à la régularité des procédures administratives.
