Scandale pharmaceutique : Softcare dans la tourmente, Dr Moussa Diallo dénonce

L’entreprise Softcare, spécialisée dans la production de produits pharmaceutiques, fait l’objet de vives interrogations depuis plusieurs semaines. Entre constats d’inspections officielles, révélations d’un haut fonctionnaire et apparente inertie des autorités, le dossier prend une tournure inquiétante pour les observateurs.

À deux reprises, l’équipe d’inspection dirigée par le Dr Moussa Diallo, directeur de l’Inspection pharmaceutique, a constaté la présence de produits périmés dans la chaîne de production de Softcare. Ces observations viennent confirmer les signalements antérieurs d’un ancien employé, licencié après avoir alerté sa hiérarchie sur ces pratiques.

Malgré ces constats, Softcare a été réintégrée dans ses droits par un communiqué de l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP), alors même que le second rapport d’inspection n’avait pas encore été transmis. L’entreprise continue depuis de commercialiser ses produits et de proposer des séances gratuites pour leur utilisation, suscitant l’inquiétude des professionnels et du public.

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, qui avait annoncé une enquête conjointe avec le ministère du Commerce, n’a fourni aucune information supplémentaire. Les autorités avaient promis de « revenir avec des informations précises », mais aucune communication officielle n’a suivi.

Les révélations du Dr Moussa Diallo et la controverse

Le Dr Moussa Diallo, qui a rendu publiques ces irrégularités et dénoncé des tentatives de corruption, a reçu le 30 décembre un courrier officiel lui demandant des explications. Le document lui reproche notamment d’avoir communiqué avec la presse, d’avoir évoqué des soupçons de corruption impliquant le directeur général de l’ARP et d’avoir violé son obligation de réserve.

Dans sa réponse, Dr Diallo conteste ces reproches. Il explique avoir jugé nécessaire d’alerter le public après que le directeur de la communication de l’ARP a diffusé un communiqué officiel sans lui permettre de s’exprimer. Il précise avoir subi quatre tentatives de corruption de la part de responsables liés à la chaîne de production et assure que ses allusions au directeur général étaient circonstanciées.

Concernant l’obligation de réserve, le Dr Diallo souligne qu’elle ne peut s’appliquer lorsqu’une menace pour la santé publique est en jeu. Il rappelle également qu’étant nommé par arrêté ministériel, seule l’autorité de son ministre de tutelle pourrait envisager sa révocation.

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