«Si tu bouges, on t’abat d’une balle dans la tête !» : 11 camions brûlés, le trafic paralysé entre et Bamako

Le président de l’Union des routiers du Sénégal (Urs), Daouda Lo, affirme que les chauffeurs sénégalais vivent aujourd’hui dans une peur permanente sur les routes maliennes. Entre les attaques répétées, les camions incendiés et les menaces persistantes de groupes armés, plusieurs transporteurs refusent désormais de prendre la route vers Bamako malgré l’importance économique de ce corridor pour le commerce sous-régional.

Selon lui, la situation est devenue extrêmement critique depuis le début du mois de mai. « Les chauffeurs sont traumatisés. Beaucoup craignent pour leur vie », aurait-il confié, alertant sur les lourdes pertes enregistrées par les transporteurs sénégalais. Plusieurs conducteurs seraient actuellement bloqués dans certaines localités maliennes, attendant des conditions de sécurité plus favorables avant de poursuivre leur trajet.

L’axe Dakar-Bamako constitue pourtant une voie stratégique pour l’approvisionnement du Mali en produits alimentaires, hydrocarbures et marchandises diverses transitant par le Port autonome de Dakar. Mais la recrudescence des attaques contre les convois de fret menace désormais tout le circuit commercial entre les deux pays.

Face à cette situation, les transporteurs sénégalais appellent les autorités des deux pays à renforcer rapidement les dispositifs de sécurité afin de protéger les chauffeurs et garantir la libre circulation des marchandises. L’Urs réclame notamment des escortes militaires renforcées sur les zones les plus exposées ainsi qu’une meilleure coordination entre Dakar et Bamako.

Cette crise sécuritaire commence déjà à avoir des conséquences économiques importantes. Des retards de livraison sont signalés, plusieurs marchandises restent immobilisées et certains opérateurs craignent une hausse des coûts du transport et des produits importés. Des observateurs redoutent également une perturbation durable des échanges commerciaux si la situation continue de se dégrader sur le corridor Dakar-Bamako.

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