Du nouveau dans l’affaire du réseau de présumés homosexuels démantelé par la Brigade de recherches (BR) de Touba, entre la ville sainte et Mbacké. Selon des informations exclusives rapportées par Seneweb, les cinq suspects déférés lundi dernier au tribunal de grande instance de Diourbel ont été placés sous mandat de dépôt avant-hier par le juge d’instruction du premier cabinet, Massamba Bathily.
Les mis en cause sont identifiés comme étant A. Diop, tailleur domicilié à Touba et présenté comme le cerveau présumé du réseau, ainsi que quatre autres résidents de Mbacké : M. Lèye, menuisier métallique ; K. Ndiaye, tailleur ; B. Diaw, commerçant ; et B. S. Gaye. D’après les conclusions de l’enquête menée par la gendarmerie nationale, deux des suspects seraient porteurs du VIH, un élément qui figure désormais au cœur du dossier judiciaire.
Une alerte à l’origine de l’enquête
Pour rappel, l’affaire a débuté le samedi 7 février 2026. La BR de Touba a été informée qu’un individu séropositif avait été interpellé par une structure locale chargée de veiller à la sacralité de la cité religieuse, avant d’être finalement relâché. Les informations recueillies faisaient état de comportements jugés contraires aux valeurs défendues dans la ville, et surtout du fait que l’intéressé, malgré sa séropositivité présumée, continuait d’entretenir des rapports sexuels avec différents partenaires.
Cette alerte a conduit les gendarmes à ouvrir une enquête approfondie. Les investigations ont rapidement permis de remonter jusqu’à A. Diop, âgé de 36 ans, domicilié à Touba. Lors de son interrogatoire, il aurait reconnu pratiquer l’homosexualité depuis plusieurs années et avoir connaissance de sa séropositivité. Il aurait également fourni aux enquêteurs les identités de plusieurs partenaires réguliers ou occasionnels.
Des arrestations en cascade
Sur la base de ces déclarations, les éléments de la Brigade de recherches ont procédé à l’interpellation de quatre autres individus résidant à Mbacké. Les perquisitions effectuées à leurs domiciles respectifs ont permis la saisie de préservatifs et de lubrifiants, considérés comme des pièces à conviction dans le cadre de la procédure.
À l’issue de leur garde à vue, les cinq suspects ont été déférés devant le parquet du tribunal de grande instance de Diourbel. Le juge d’instruction du premier cabinet a finalement décidé de leur placement sous mandat de dépôt, en attendant la poursuite de l’information judiciaire.
Une affaire sensible
Cette affaire suscite de vives réactions dans la région, notamment en raison du caractère religieux et symbolique de Touba. Elle relance également le débat sur les infractions liées aux mœurs au Sénégal, ainsi que sur les enjeux de santé publique liés à la gestion du VIH.
L’instruction se poursuit afin d’établir les responsabilités exactes de chacun des mis en cause et de déterminer l’ampleur réelle du réseau présumé. Les suspects bénéficient, à ce stade, de la présomption d’innocence.
