La Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC) a alerté sur les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes et les filles dans les zones de retour. Lors d’un point de presse consacré à la Journée internationale de la paix, l’organisation a notamment mis en avant les risques de violences basées sur le genre (VBG) liés à la réinstallation.
Selon la PFPC, le retour des populations déplacées ne marque pas la fin des difficultés. Les femmes doivent souvent faire face à la perte de leurs repères, à l’insécurité, à la précarité économique et à la perte d’accès aux terres.
Une étude menée auprès de 176 femmes et filles et 30 leaders communautaires dans dix villages de retour révèle que le sentiment de sécurité demeure fragile. La moitié des participantes déclarent connaître des cas de violences basées sur le genre. Les violences physiques représentent 34 % des cas cités, suivies des violences psychologiques (18 %), économiques (17 %) et verbales (16 %).
Autre constat préoccupant : 59 % des femmes et filles interrogées ne savent pas vers qui orienter une survivante de VBG.
Face à cette situation, la PFPC recommande notamment le renforcement des services sociaux de base, l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé et aux infrastructures, ainsi que le renforcement de la sécurité et la poursuite du déminage.
L’organisation appelle également à soutenir l’autonomisation économique des femmes, leur participation aux instances de décision et les mécanismes communautaires de protection.
Pour la PFPC, l’enjeu est de faire passer les femmes du statut de bénéficiaires d’aide à celui de véritables actrices du développement et de la paix en Casamance.
Ansoumana Dasylva/GMS
