‎Drame de Mandegane en 2003 : la Section de Recherches de Ziguinchor retrouve le fugitif

‎La Section de recherches de la gendarmerie de Ziguinchor a mis fin à une cavale qui aura duré près de 23 ans. Youssouph Sané, recherché depuis septembre 2003 pour son implication présumée dans la mort de la jeune Siré Goudiaby, a été interpellé dans le village de Baghagha, dans la zone de Tobor .



‎Les faits remontent à septembre 2003, lors d’une cérémonie traditionnelle organisée à Mandegane par l’association des jeunes du village. Cette manifestation rituelle, communément appelée « leul », était organisée en l’honneur des jeunes filles. L’usage des armes à feu y avait pourtant été formellement interdit.
‎Selon les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, Youssouph Sané a néanmoins fait usage de son fusil de chasse au cours de la cérémonie. Un coup de feu parti accidentellement, atteignant à bout portant Siré Goudiaby, âgée de 17 ans à l’époque. La jeune fille, présentée comme la nièce du député Bakary Diédhiou, est décédée sur le coup.

‎À la suite du drame, Youssouph Sané a pris la fuite et trouvé refuge en Guinée-Bissau, où il serait resté pendant cinq ans. Il serait ensuite revenu dans la zone frontalière, notamment à Boutoupa-Camaracounda, avant de séjourner à Kolda. Il avait finalement regagné le village de Baghagha, où il vivait chez ses parents.
‎C’est dans ce village que le Commandant El hadji Diouck et ses éléments  de la Section de recherches de Ziguinchor ont réussi à le localiser. Informés de sa présence, les enquêteurs ont infiltré la localité et mené une opération de surveillance de plus de 24 heures avant de procéder à son interpellation dans une taverne.

‎Entendu par les enquêteurs, Youssouph Sané a reconnu les faits, tout en soutenant que  »le coup de feu était parti de manière involontaire ».
‎Dans le cadre de la poursuite des investigations, la section de recherches et le mis en cause, se sont rendu le 27 août 2026 à Mandegane, lieu du drame.
‎Sur place, les enquêteurs ont procédé à l’audition d’une dizaine de personnes susceptibles d’apporter des éléments utiles à la manifestation de la vérité.
‎Une reconstitution des faits a également été organisée à l’endroit exact où le drame s’était produit en 2003. L’exercice s’est déroulé en présence de plusieurs témoins oculaires, du chef de village ainsi que de notables de Mandegane.

‎Après 23 années de fuite, Youssouph Sané est désormais entre les mains des enquêteurs. La procédure suit son cours et devra permettre de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de la mort de Siré Goudiaby.

‎Ansoumana DASYLVA/GMS

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