Le dossier du journaliste et écrivain René Capain Bassène connaît un nouveau rebondissement. Dans une déclaration exclusive accordée au Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le chef rebelle César Atoute Badiate a contesté les accusations ayant conduit à la condamnation du journaliste à la prison à perpétuité dans l’affaire du massacre de Boffa Bayotte, survenu en 2018 à Ziguinchor.
Cette sortie s’inscrit dans le cadre d’un vaste reportage publié par le CPJ, consacré au dossier de René Capain Bassène et visant, selon l’organisation, à remettre en cause sa culpabilité dans cette affaire ayant coûté la vie à 14 coupeurs de bois.
Dirigeant d’une des principales factions du Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (MFDC), César Atoute Badiate a rejeté toute implication du journaliste dans la rébellion. Il a également contesté l’idée selon laquelle ce dernier aurait donné des instructions ou joué un rôle dans les attaques attribuées aux combattants indépendantistes.
« René Capain Bassène n’est pas mandataire du MFDC ni un chef pour me donner des ordres », a-t-il déclaré, affirmant n’avoir jamais considéré le journaliste comme membre ou porte-parole du mouvement séparatiste. Selon lui, Bassène était avant tout connu pour ses activités de journaliste et d’écrivain spécialisé sur le conflit casamançais.
Cette prise de position constitue la première déclaration publique du chef rebelle sur cette affaire sensible. Depuis son exil en Guinée-Bissau, où il serait engagé dans des discussions autour d’un éventuel accord de paix avec les autorités sénégalaises, César Atoute Badiate apporte ainsi un soutien indirect au journaliste incarcéré.
Le dossier continue par ailleurs de susciter des réactions dans les milieux diplomatiques et académiques. L’ancien envoyé spécial américain pour la Casamance, Mark Boulware, s’est dit surpris qu’un journaliste reconnu pour sa connaissance du conflit ait été condamné à une peine aussi lourde.
De son côté, l’universitaire Paul Diédhiou estime que René Capain Bassène a été victime d’une campagne de diabolisation médiatique, tout en soulignant l’importance de ses travaux dans la préservation de la mémoire du conflit en Casamance.
Ces nouvelles déclarations relancent le débat autour du procès et des conditions ayant conduit à la condamnation du journaliste, alors que plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse continuent de réclamer une révision du dossier.
