« MUSIBA » de Dip Doundou Guiss : »une nouvelle touche sans se trahir »

Plus d’un million de vues en moins de trois jours, la nouvelle vidéo de Dip Dundu Guiss fait sensation. De nouvelles animations, des lyrics sous forme de pics destinés aux « détracteurs », une mise en scène « Royale ». Nous avons tenté d’apprivoiser les messages de « MUSIBA » et il nous a fallu l’oeil du cinéaste Mame Mor Asta Kébé de la maison de production UBEKU FILMS.

Le nouveau clip de Dip Dundu Guiss débute par une déflagration. Un scénario qui met en perspective une détonation au môle 8 du port de Dakar. Reverse Studio profite d’un fait de l’actualité et sensibilise sur le danger que constitue la présence des unités industrielles en pleine ville. Cette approche sur l’actualité se limite là, le but de l’artiste n’est pas de faire peur mais de mettre en perspective une esthétique.

Dip Dundu Guiss a toujours revendiqué son hégémonie sur le Rap Galsen. Bilal & Leye, co-fondateurs de Reserve Studio mettent en image cette considération. Assis sur un trône le natif de Grand Yoff fait face à la concurrence et n’hésite pas de tirer sur ses détracteurs. Une image qui rappelle le clip de Childish Gambino « This Is America » ; qui a fait sensation en 2018.  Cette adversité présentée par le rappeur s’illustre aussi par son encerclement par des chevaux et une mise au point du cheval blanc comme une référence à l’Apocalypse de Saint Jean : « Et je vis paraître un cheval de couleur pâle. Celui qui le montait se nommait la Mort, et l’Enfer le suivait.» On peut dire que Dip Dundu Guis ne ménage pas la concurrence. Et à ce moment de la vidéo les lyrics sont les suivantes :

Ku xamm kepp kuy rap wolof xamna nombre rappeur bi DIP fay

Tek sama nafsu ci beat bi

Rap yefu dëmm dëg lë kan mo saña waxx ni que Pac bëggul Biggy ?

Sen game bi concours lëmbël la motax malay yokkal ay tama si beat bi

Cette lecture n’est pas loin de celle du cinéaste Mame Mor Asta Kébé de la maison de production UBEKU FILMS: 

Le scénario est posé sur l’univers de la Royauté, avec une première séquence qui peut nous rappeler un Cesar à son apogée, régnant sur l’ensemble de l’empire romain, on peut le voir à son accoutrement (DIP) et son fauteuil royal tiré par une houlette de serviteurs (les rappeurs?) tous soumis à lui et à ses ordres en quelque sorte. De là, on quitte Rome pour aller en Moyen-Orient, ou en plein désert, il est accoutré comme un Prince Perse, à côté de lui une danseuse du ventre et tout ceci est en corrélation avec cet univers royal et donc de supériorité, de dominance, de toute-puissance.

Les punchlines se succèdent et pour le cinéaste, la maison Reverse Studios a fait un énorme travail et la qualité du rendu est sans équivoque :

Bilal & Leye (co-fondateurs de Reverse) depuis plus de sept ans nous servent des vidéos d’un niveau esthétique conséquent et en phase de concurrencer des maisons de prod et/ou studio de cinéma. Ils font du grand art, en terme d’audiovisuel. Ma remarque faite et que Reverse se rapproche d’année en année du standard international, et met sur l’échiquier du cinéma (oui du cinéma) sénégalais des produits qualitativement top.

Les rythmes dans « MUSIBA » sont aussi un clin d’oeil à l’arène Sénégalaise. Le Sabar s’entend et revient dans le refrain comme pour satisfaire ses fans sevrés de lutte sénégalaise « Lamb » depuis près d’une année à cause de la pandémie. Et chez UBEKU FILMS on n’hésite pas à saluer cette performance:

Il est déterminé, percutant, saignant, et surtout constant. Sa constance est à souligner et respecter, beaucoup d’artistes se reposent vite sur leur soi-disant succès, lui non, il en veut toujours plus, et est en perpétuelle quête de nouvelles vibes sans jamais se travestir. Sa marque de fabrique reste la même et il creuse le fossé de projet en projet entre lui et le reste de la scène hip-hop.

Dans cette nouvelle vidéo, il apparaît une remarque, Dip Doundou Guiss ne fuit plus l’objectif. Son regard est plus incisif.

Gms/ Souleymane Diallo 

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