Quelques heures seulement après l’annonce de la révocation de son leader historique du poste de Premier ministre, le parti PASTEF est sorti de son silence à travers un communiqué officiel signé par son Bureau politique national. Une réaction très attendue dans un contexte de crise majeure au sommet de l’État.
Dans ce document publié ce vendredi 22 mai 2026, le Pastef dit avoir « pris connaissance de la décision du Président de la République de mettre fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko ». Un ton mesuré, sans attaque directe contre le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, mais qui traduit néanmoins une profonde solidarité avec Ousmane Sonko.
Le parti rend un vibrant hommage à l’ancien chef du gouvernement, saluant « le travail remarquable accompli » par Sonko et son équipe. Le communiqué insiste notamment sur « la rigueur, le patriotisme et un sens profond de l’intérêt général » qui auraient marqué son passage à la Primature.
Le Pastef va même plus loin en présentant le leadership de Sonko comme « une étape fondatrice de notre révolution citoyenne ». Une formule lourde de sens qui montre que, malgré son départ du gouvernement, l’ancien Premier ministre demeure au cœur du projet politique du parti au pouvoir.
Dans ce texte, la formation politique tente également de rassurer ses militants et sympathisants. « Tournés résolument vers l’avenir, nous nous préparons avec détermination à notre congrès du 6 juin 2026 », écrit le Bureau politique national, laissant entendre qu’une importante réorganisation interne pourrait se profiler dans les prochaines semaines.
Le communiqué réaffirme par ailleurs « l’engagement total et indéfectible » du parti à préserver « le Projet et les idéaux » défendus lors des élections de 2024. Le Pastef insiste sur sa volonté de rester fidèle « aux aspirations légitimes du peuple sénégalais », dans un contexte où beaucoup s’interrogent sur l’avenir de la coalition au pouvoir après cette rupture spectaculaire.
Enfin, le parti affirme que son cap « reste inchangé », citant notamment la défense de la souveraineté, du patriotisme et de l’unité africaine. Une manière pour le Pastef de montrer que, malgré le choc politique provoqué par l’éviction d’Ousmane Sonko, la ligne idéologique du mouvement demeure intacte.
Cette première réaction officielle était particulièrement attendue tant le limogeage du Premier ministre marque un tournant historique dans les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois présentés comme les deux piliers indissociables de l’alternance de 2024. Désormais, la question qui agite la scène politique sénégalaise est de savoir si cette crise ouvrira une simple phase de réorganisation ou une fracture durable au sein du pouvoir.
