Projet de Loi de Finances 2026 : Le Sénégal vise la correction des déséquilibres macroéconomiques

Le Rapport Économique et Financier (REF), document clé annexé au Projet de Loi de Finances (PLF) initiale 2026, souligne l’engagement des nouvelles autorités sénégalaises à s’attaquer aux déséquilibres macroéconomiques et à dynamiser l’activité économique nationale. ​Ce projet s’inscrit dans un contexte de négociations pour un nouveau programme avec le Fonds Monétaire International (FMI) et de l’élaboration du Plan de Redressement Économique et Social (PRES). Le PRES vise à renforcer la souveraineté économique du pays en misant sur un financement du développement accru par les ressources endogènes, conformément à la Stratégie Nationale de Développement (SND 2025-2029).

​Les projections pour l’année 2025 restent optimistes, malgré un environnement international marqué par le ralentissement de la croissance mondiale (projetée à 3,0% par le FMI, contre 3,3% en 2024) et la montée du protectionnisme. La croissance en Afrique subsaharienne devrait atteindre 4,0% en 2025.
 
​Performance et composantes du PIB

​La croissance du PIB réel est projetée à 7,8% en 2025, une légère révision à la baisse par rapport à la prévision initiale de 8,0% (LFR 2025), mais nettement supérieure à l’estimation de 6,1% en 2024. La  demande Intérieure, elle progresserait de 2,8% en 2025. La consommation finale se conforterait de 4,6%, représentant 81,8% du PIB. Le taux d’épargne intérieur atteindrait 18,2%. L’investissement (FBCF) s’établirait à 32,0% du PIB, en retrait par rapport à 34,0% en 2024.

​Pour la demande extérieure, les exportations de biens et services sont projetées en forte hausse de 35,4% en 2025, principalement grâce aux premières ventes d’hydrocarbures.

​Situation monétaire et inflation

​La masse monétaire devrait progresser de +8,8%, sous l’effet conjugué de la hausse des avoirs extérieurs nets (+294,6 milliards FCFA) et des crédits intérieurs (+590,0 milliards FCFA), notamment les créances nettes sur l’État. L’inflation (INHPC) est restée modérée sur les six premiers mois de 2025, s’établissant à seulement 0,5%, due principalement à la légère hausse des prix alimentaires et des services
d’hébergement/restauration.

Selon le rapport, les échanges avec l’extérieur ont noté l’amélioration notable du solde courant.
L’année 2025 s’annonce comme une période de correction significative des déséquilibres externes : Le déficit du compte courant est prévu de se réduire drastiquement, passant de 12,5% du PIB (2 477,7 milliards FCFA) en 2024 à 5,8% du PIB (1 261,6 milliards FCFA) en 2025.

​Cette amélioration est principalement imputable à la balance commerciale, dont le déficit se réduirait de 11,9% à 7,4% du PIB, alimentée par la progression des exportations de produits extractifs (hydrocarbures et or). Conséquence de cette dynamique, le solde global de la balance des paiements passerait d’un quasi-équilibre (0,4% du PIB) à un excédent de 1,4% du PIB (+294,6 milliards FCFA).
 
​L’année 2026 marquera l’entrée en vigueur effective du Plan de redressement Économique et Social (PRES). Ce plan vise à offrir de meilleures marges de manœuvre budgétaire à l’État et à créer un environnement propice à l’essor du secteur privé, notamment via des opérations de recyclage d’actifs. De plus, l’État prévoit une série de réformes majeures dans le secteur des finances publiques pour corriger les faiblesses structurelles et relancer l’économie.

L’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de 2026 est identifiée comme un levier majeur de stimulation, impactant positivement la demande dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration, du transport et de l’agroalimentaire. La croissance du PIB réel est toutefois projetée à 5,0% en 2026 (après le pic de 7,8% en 2025), tirée principalement par le secteur primaire (+6,1%), le tertiaire (+5,4%) et le secondaire (+2,9%).

​En somme, le PLF 2026 reflète une approche déterminée des autorités à stabiliser l’économie par l’exploitation des nouvelles ressources, le soutien à la demande et l’engagement de réformes structurelles.

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