Le Collectif des Familles des Martyrs, l’Initiative Zéro Impunité (IZI) et le Collectif des Victimes de Macky Sall expriment leur opposition à ce qu’ils présentent comme un lobbying du président Bassirou Diomaye Faye en faveur de la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies.
Dans une déclaration, ces organisations affirment que le chef de l’État sénégalais aurait engagé, lors de son séjour à New York, des démarches auprès de dirigeants internationaux, notamment Emmanuel Macron, pour soutenir la candidature de son prédécesseur. Elles estiment que cette démarche soulève des interrogations au regard des attentes des victimes et de leurs familles concernant les violences survenues au Sénégal entre 2021 et 2024.
Les organisations rappellent que, selon elles, la politique internationale du Sénégal doit rester conforme aux engagements du pays en matière de droits humains, de justice et de lutte contre l’impunité. Elles demandent ainsi que les démarches diplomatiques ne puissent pas occulter les revendications des victimes, qui réclament vérité, justice et réparation.
Sur le plan judiciaire, les trois organisations disent prendre acte des développements récents des procédures engagées à la suite des plaintes déposées par des victimes et leurs familles. Elles citent notamment l’ouverture d’informations judiciaires et les premières inculpations intervenues dans certains dossiers.
Elles considèrent ces avancées comme « une étape importante » dans la recherche de la vérité, tout en soulignant qu’elles ne doivent pas constituer l’aboutissement du processus judiciaire.
Le Collectif des Familles des Martyrs, l’IZI et le Collectif des Victimes de Macky Sall demandent que les investigations permettent d’établir, dans le respect de la présomption d’innocence et des droits de la défense, l’ensemble des faits ainsi que les éventuelles responsabilités liées aux violences commises entre 2021 et 2024.
Les organisations insistent également sur la nécessité d’examiner, lorsque les éléments de preuve le justifient, toutes les formes de responsabilité individuelle, y compris celles de personnes qui auraient pu ordonner, faciliter ou couvrir des actes répréhensibles.
Elles formulent ainsi quatre principales demandes : une enquête complète sur les violences survenues entre 2021 et 2024, l’établissement de toutes les responsabilités que les investigations permettront de déterminer, un accès effectif des victimes et de leurs familles à la justice, ainsi que la réparation des préjudices subis.
Ansoumana Dasylva/GMS
