Le collectif citoyen “L’Heure est Grave” a tenu, ce week-end à Ziguinchor, une déclaration publique visant à attirer l’attention des autorités et des populations sur la situation préoccupante du pont Émile Badiane, un ouvrage stratégique reliant les différents pôles de la région. Dans un discours adressé à la presse, aux habitants de la Casamance et aux usagers du pont, le président du collectif, El Hadji Camara, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation sereine mais déterminée autour de cet enjeu de sécurité.
Sans chercher la polémique, le collectif a dressé un tableau préoccupant basé sur des constats d’usagers, de techniciens et d’acteurs locaux. Parmi les dégradations observées figurent : »des fissures avancées, un effritement localisé du béton, des armatures apparentes, des vibrations anormales lors du passage de véhicules lourds ».
Selon le collectif, ces éléments ne doivent pas conduire à un alarmisme, mais imposent une vigilance renforcée et une expertise technique actualisée. Le pont, rappelle El Hadji Camara, demeure »un axe vital pour l’ensemble de la Casamance, tant sur le plan économique que social ».
Le collectif affirme que son initiative s’inscrit dans un esprit de responsabilité partagée.
« Notre démarche n’est pas polémique », souligne El Hadji Camara. « Il s’agit de contribuer à la prévention, de soutenir les institutions et de protéger les populations. »
Dans un esprit constructif, “L’Heure est Grave” formule plusieurs propositions destinées à renforcer l’action publique, renforcement du dispositif d’urgence
Le collectif demande à l’État d’activer des mécanismes exceptionnels pour accélérer l’évaluation, la planification et le financement des travaux nécessaires.
»L’actualisation et publication d’un audit technique
La transparence est jugée essentielle pour maintenir la confiance du public et accompagner les décisions. Adaptation provisoire du tonnage autorisé
Une limitation temporaire du passage des véhicules lourds pourrait réduire la pression exercée sur l’infrastructure en attendant les travaux. Une planification d’un calendrier clair pour la réhabilitation ou la reconstruction. Un horizon défini permettrait aux populations et aux acteurs économiques d’anticiper et de s’organiser ».
Tout en reconnaissant la lenteur des promesses passées, le collectif dit maintenir sa confiance dans la capacité de l’État à agir rapidement.
« Le danger est permanent, mais nous croyons dans la volonté des autorités de prendre les décisions nécessaires », a affirmé El Hadji Camara, réitérant la disponibilité du collectif à accompagner toutes les démarches institutionnelles.
“L’Heure est Grave” assure rester mobilisé dans le respect du cadre républicain afin de suivre l’évolution du dossier et de défendre les intérêts des usagers.
Pour les membres du collectif, le pont Émile Badiane n’est pas seulement une infrastructure : il symbolise le lien entre les communautés et la vitalité économique de toute la Casamance.
Ils appellent ainsi à une mobilisation collective, calme mais résolue, afin que la sécurité des populations demeure une priorité nationale.
Ansoumana DASYLVA/ GMS
