L’exploitation du compte Facebook de Ndiaga Seck, plus connu sous le surnom de « Ndanane », a donné une nouvelle orientation à l’enquête menée à Louga sur un présumé réseau de rencontres sexuelles impliquant plusieurs personnes. Les éléments découverts dans ses échanges privés auraient permis aux enquêteurs de confirmer certains témoignages recueillis au cours des auditions et d’élargir considérablement le champ des investigations.
Âgé de 51 ans, Ndiaga Seck a été présenté devant le juge d’instruction du premier cabinet de Louga avant d’être inculpé et placé sous mandat de dépôt. D’après les informations de l’enquête, les données extraites de son téléphone portable ainsi que de son compte Facebook révèlent de nombreux échanges avec plusieurs individus rencontrés à Dakar et sur la Petite-Côte. Les enquêteurs évoquent notamment des séjours fréquents à Somone, où il aurait occupé un appartement entre 2009 et 2012.
L’affaire a pris une tournure plus importante après l’audition d’Ahmadou Lamine Dia. Ce dernier affirme avoir fait la connaissance de Ndiaga Seck entre 2013 et 2014 via Facebook, grâce à un certain Jeannot Rodriguez. Selon ses déclarations, leur relation virtuelle aurait ensuite évolué vers plusieurs rencontres intimes organisées sur la Petite-Côte. Ahmadou Lamine Dia a également indiqué avoir conservé d’anciens messages échangés avec Ndiaga Seck après la rupture de leurs contacts. Ces conversations numériques auraient constitué des éléments jugés importants dans la poursuite des investigations.
Lors de ses auditions, Ndiaga Seck aurait dans un premier temps adopté une attitude prudente, affirmant ne plus se souvenir avec précision de certaines personnes citées dans le dossier. Mais confronté aux messages retrouvés sur Facebook, il aurait fini par reconnaître plusieurs détails personnels figurant dans les échanges : son surnom « Ndanane », son passage à l’université à la fin des années 1990, ses différents séjours entre Dakar, Ziguinchor et la Petite-Côte, ainsi qu’un voyage effectué aux États-Unis en 2013.
Selon les enquêteurs, l’exploitation complète du compte Facebook a finalement conduit le mis en cause à faire plusieurs confidences. Dans le procès-verbal relayé par l’enquête, Ndiaga Seck aurait déclaré : « Chaque fois que je suis allé à la Mecque, c’est pour prier que Dieu me sorte de ça. » Il aurait expliqué avoir tenté à plusieurs reprises de mettre un terme à certaines pratiques, sans succès.
Les investigations ont également permis de mettre au jour plusieurs échanges considérés comme compromettants. Les enquêteurs évoquent l’organisation de rencontres éphémères via les réseaux sociaux, principalement Facebook, dans le but d’entretenir des relations sexuelles. D’après les éléments recueillis, Ndiaga Seck aurait lui-même remis aux enquêteurs une liste d’une dizaine de partenaires présumés accompagnée de leurs numéros de téléphone.
Les autorités judiciaires poursuivent désormais les recherches afin d’identifier toutes les personnes mentionnées dans les conversations récupérées au cours de l’enquête. Avec le placement sous mandat de dépôt de Ndiaga Seck, le dossier compterait désormais 23 personnes écrouées, tandis que de nouvelles interpellations restent possibles dans les prochains jours, selon Libération.
