Dialogue national : Thierno Bocoum appelle le chef de l’État à « clarifier les rapports au sommet »

Le président du mouvement AGIR-LES LEADERS, Thierno Bocoum, a exprimé de fortes réserves sur les consultations nationales annoncées par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Dans une déclaration à tonalité solennelle, l’ancien député estime que le débat ne porte pas sur le droit du président de consulter les forces vives de la nation, mais plutôt sur sa capacité réelle à transformer les conclusions de ces concertations en décisions concrètes et applicables.

Selon Thierno Bocoum, plusieurs facteurs politiques risquent d’affaiblir la portée de cette initiative si des clarifications ne sont pas rapidement apportées au sommet de l’État. Il considère notamment que la majorité parlementaire actuelle semble davantage concentrée sur des positionnements politiques internes et des ambitions personnelles que sur les attentes urgentes des Sénégalais, notamment en matière de gouvernance, de pouvoir d’achat et de stabilité institutionnelle.

Le leader d’AGIR-LES LEADERS estime également qu’un malaise perceptible traverse l’Exécutif. Il évoque les divergences publiques observées à plusieurs reprises entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko. Pour lui, ces prises de position parfois dissonantes entretiennent l’idée d’un pouvoir marqué par des contradictions internes et un manque d’harmonisation dans la conduite des affaires de l’État.

Dans son analyse, Thierno Bocoum souligne que gouverner ne peut se résumer à multiplier les consultations ou à ouvrir des cadres de dialogue. Il affirme qu’un chef d’État doit avant tout être capable de fixer une direction claire, d’arbitrer les divergences au sein de son camp et de garantir une cohérence dans l’action publique. Sans cette autorité politique assumée, avertit-il, les recommandations issues des concertations risquent d’être vidées de leur substance ou récupérées par des intérêts partisans.

L’ancien parlementaire appelle ainsi à une clarification des rapports entre la présidence de la République, la primature et la majorité parlementaire. À ses yeux, cette clarification est indispensable pour éviter les blocages institutionnels et rassurer l’opinion sur la capacité du pouvoir à parler d’une seule voix sur les grandes orientations nationales.

Thierno Bocoum a également insisté sur la nécessité de préserver un climat politique apaisé. Il dénonce ce qu’il considère comme des perceptions d’intimidation ou de pression visant certaines voix critiques de la scène publique. Selon lui, une démocratie solide doit permettre l’expression des divergences sans crainte ni stigmatisation.

En conclusion, le président d’AGIR-LES LEADERS affirme que les Sénégalais attendent désormais plus de lisibilité dans la gouvernance et davantage de stabilité institutionnelle. Il estime que le pays a besoin d’une autorité pleinement assumée, d’une cohérence dans le fonctionnement des institutions et d’un engagement clair autour de la République, de la Constitution et de l’intérêt supérieur de la nation.

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